Bulletin mai 2022

Bulletin mai 2022

Contrairement à l’environnement favorable qui prévalait en 2021 – alimenté par la complaisance des banques centrales – ces mêmes autorités monétaires sont maintenant obligées de procéder à une série de hausses des taux d’intérêt en 2022 et 2023, dans le but de freiner l’inflation qui atteint son plus haut niveau depuis quatre décennies. Ce changement de cap a donc forcé les investisseurs à revoir leurs prévisions de rendement pour les revenus fixes, les actions ainsi que pour les actifs sensibles à l’inflation comme l’immobilier et les matières premières. Les performances mensuelles et trimestrielles présentées dans le tableau ci-dessus témoignent de l’ampleur de la réaction. Bon nombre d’investisseurs ont été pris de court croyant à tort, tout comme la Réserve fédérale américaine, que l’inflation était passagère. Et peu d’analystes avaient prévu la guerre.

INFLATION ET TAUX OBLIGATAIRES EN HAUSSE

C’est la juxtaposition d’une série de facteurs spécifiques à l’échelle mondiale qui a contribué à l’inflation :

  1. Politiques de stimulation et dépenses sans précédent des gouvernements.
  2. Maintien de bas taux d’intérêt pendant trop longtemps par les banques centrales.
  3. Goulots d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement durant la pandémie.

Cette toile de fond a été exacerbée par la guerre en Ukraine et les perturbations qui en ont résulté sur les marchés de l’énergie et des matériaux. Les taux obligataires ont augmenté de façon constante au cours du 1er trimestre, entraînant une chute de -7,0 % de l’indice obligataire canadien. Alors que les taux sur les obligations de plus longue échéance devraient poursuivre leur remontée pour refléter l’inflation, il y a une bonne nouvelle : les taux sur les obligations de plus courte échéance (2 à 3 ans) ont augmenté, passant de moins de 1 % en début d’année à près de 2,50 %. Conséquemment, les obligations corporatives de qualité (qui offrent des taux supérieurs à ceux des obligations gouvernementales) et les CPG pourraient offrir une alternative aux investisseurs qui ont besoin de revenus.

LE REPLI BOURSIER EN PERSPECTIVE

Après quelques années de rendements exceptionnels à deux chiffres, les marchés boursiers ont dû faire face à la réalité de taux obligataires en hausse. Des taux d’intérêt plus élevés rendent les gains futurs en actions moins attrayants, de sorte que les compagnies de « croissance » ayant un fort potentiel à long terme et dont les évaluations (C/B) sont élevées sont à la merci des mouvements de taux. De son sommet à son bas au cours du 1er trimestre de 2022, l’indice Nasdaq (axé sur la croissance et les technologies) a le plus chuté, alors que le marché canadien s’est relativement bien comporté :

  • Le Nasdaq a chuté de -20,5 %, le S&P 500 de -13,5 % et le S&P/TSX de -4 % seulement.
  • Le gros de la correction a été enregistré avant l’invasion russe le 24 février.
  • Les trois indices ont rebondi depuis l’invasion, avec des gains de 5,5 % en moyenne en date du 31 mars.

La volatilité pourrait s’amplifier davantage alors qu’il est difficile de prévoir la fin de cette guerre qui perdure. Mais nous estimons que la correction est fort probablement terminée, les marchés ayant déjà pris en compte les principaux négatifs – hausses de taux à venir et pressions inflationnistes persistantes. Ces conditions vont certes ralentir la croissance économique, mais une récession mondiale est peu probable puisque les principales régions et pays ont des attributs différents : il y aura des gagnants et des perdants. Une économie résiliente comme celle des États-Unis – le taux de chômage de 3,6 % en mars est revenu à son niveau prépandémie – se portera bien. Par contre les régions dépendantes de l’approvisionnement en pétrole et en gaz naturel comme l’Europe sont plus vulnérables. Les pays riches en énergie et en matières premières – comme le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et quelques pays émergents –bénéficieront des hausses de prix. La performance récente de la bourse canadienne reflète ce nouvel environnement, alors que le S&P/TSX atteignait un sommet historique le 29 mars.

LA DIVERSIFICATION CONTRIBUE AU SUCCÈS

Nous parlons souvent de la diversification entre les revenus fixes et les actions, mais moins des avantages d’une diversification additionnelle entre les régions et les pays. Le 1er trimestre de 2022 nous en rappelle les bénéfices. Tous les principaux marchés boursiers ont chuté, à l’exception du Canada, alors que nos principales industries ont profité de l’environnement inflationniste :

  • Les secteurs du S&P/TSX ayant enregistré les meilleures performances cette année sont l’énergie (+28,7 %) et les matériaux (+20,1 %).
  • Ces deux secteurs représentent près de 30 % de l’indice S&P/TSX, mais seulement 6,5 % du S&P 500, fortement pondéré dans la techno à la hauteur de 28 %.

Gardez le cap, n’essayez pas de faire du « market timing » et oui, gardez des obligations pour leurs bénéfices de diversification et les revenus qu’elles génèrent.

Marc St-Pierre, CFA

L’un des objectifs principaux du Comité de surveillance est de bien répartir les investissements dans vos portefeuilles. L’expression Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier explique très bien la force de la diversification. Il faut avoir tous les ingrédients bien dosés pour faire une bonne recette.

Les trois dernières années ont été à l’avantage du marché américain et des technologies. Au moment d’écrire ces lignes, l’indice principal des technologies américaines, le NASDAQ, avait perdu 13.28% en dollar canadien depuis le retour des fêtes pendant que l’indice canadien, le S&P/TSX lui montait de 3.67%. Depuis la crise financière de 2008, le Canada est à la traine des États-Unis, mais soudainement les conditions économiques et politiques ont changé et donnent maintenant raison au marché canadien.

Le fonds Fidelity Grande Capitalisation canadienne que nous utilisons dans tous nos modèles de portefeuille se distingue avec un rendement de 7.59% depuis le début de l’année suivi de près par le fonds Russell d’infrastructure mondiale en hausse de 5.35%. C’est malheureusement ici que se termine la liste de nos gagnants cette année. Détenir ces deux fonds limite actuellement la baisse de vos portefeuilles causée par la correction généralisée des marchés boursiers et obligataires à travers le monde. Ils viennent jouer un rôle défensif en ces temps de turbulences.

Une recherche sur le site de Morningstar permet de constater que, sur un total de 7269 fonds différents répertoriés, moins de 1000 fonds ont un rendement positif en 2022 soit 13.8% de fonds haussiers vs 86.2% de fonds baissiers. La première marche du podium revient sans aucun doute à ceux étant investis majoritairement dans l’énergie fossile et les ressources naturelles. Pas surprenant en ces temps de conflits armés par la Russie. Par ricochet, plusieurs fonds canadiens fortement investis dans ces secteurs font très bonne figure.

Il est très difficile de prévoir la direction des marchés à court terme et ceux qui s’y risquent échouent à un moment ou l’autre. La stratégie la plus sûre en placement est de bien répartir ses investissements dans différents secteurs de l’économie et investir mondialement. Ceci vous permettra de générer un rendement plus stable à long terme et ainsi diminuer la volatilité de votre portefeuille.

MARTIN GERVAIS Pl. Fin
Responsable du Comité de surveillance

Votre remboursement d’impôt…quoi faire avec vos surplus de liquidités?

Sans aucun doute, certains d’entre vous pensent déjà à dépenser ce cadeau tombé du ciel! Mais avant d’aller magasiner, suivez nos conseils!

En tout premier lieu, priorisez le remboursement de vos dettes à taux d’intérêt élevé. En effet, les cartes de crédit, les marges de crédits et les prêts personnels ou automobiles doivent être remboursés rapidement, car les frais d’intérêt peuvent facilement devenir un gouffre financier pour l’emprunteur.

En deuxième lieu, prévoyez constituer un fonds d’urgence équivalant à 3 mois de dépenses pour la famille. Ce sont dans les moments d’imprévus que nous sommes plus vulnérables à prendre du retard dans nos paiements… et on commence le cercle vicieux des dettes. Ça coûte moins cher de prévenir que de guérir!

En troisième lieu, profitez des régimes enregistrés tels que les REER, CELI et REEE en optimisant vos cotisations. Si vous avez des droits de cotisations REER et/ou CELI, voir quelle stratégie utiliser pour améliorer votre épargne. De plus, les familles qui ont des enfants de moins de 16 ans devraient cotiser aux REEE afin de maximiser les subventions gouvernementales. Consultez-nous pour de plus amples informations.

En dernier lieu, considérez investir vos surplus en liquidités dans des comptes non enregistrés. Ce type d’épargne permet certaines déductions fiscales. De plus, l’utilisation de fonds en catégorie permet, par leur structure, d’optimiser la charge fiscale de l’investisseur.

Finalement, posez-vous cette question : est-ce que vous recevez un remboursement d’impôt sur le revenu parce que votre employeur prélève trop d’impôts sur vos chèques de paie? En fait, vous accordez au gouvernement un prêt sans intérêt! Vous pouvez réduire « l’impôt retenu à la source » en remplissant le formulaire TD1 Déclaration des crédits d’impôt personnels de l’ARC. Réduire l’impôt retenu à la source permet de conserver une plus grande partie de votre salaire. De ce fait, vous pourriez rembourser vos dettes, créer un fonds d’urgence, profiter des régimes enregistrés et investir dans des comptes ouverts tout au long de l’année!

Nos réseaux sociaux! Suivez-nous!

Saviez-vous que De Champlain Groupe financier est omniprésent sur les réseaux sociaux? En effet, vous pouvez nous retrouver sur Facebook, LinkedIn et YouTube. Il ne faut pas oublier notre site web De Champlain Groupe financier! Dernièrement revampé, notre site permet le partage de blogues, la diffusion d’informations, l’échange de conseils, l’accès à une voie de communication personnalisée, de découvrir la vision de l’entreprise et l’équipe complète de De Champlain. De plus, notre chaîne YouTube permet le partage de vidéos portant sur des évènements d’actualités qui affectent les marchés boursiers. Alors, suivez-nous et restez informés!

Taux fixe ou variable?

Inflation, hausses des taux hypothécaires, retour à la fin des années 70; c’est le sujet du jour! Plus que jamais, je me fais demander : devrais-je choisir un taux fixe ou variable?

Il y a deux façons de répondre à la question. Premièrement, sous l’angle mathématique, est-ce que le taux variable moyen sur les 5 prochaines années dépassera le taux fixe 5 ans? Le taux variable dépassera probablement le fixe dans les 18-24 prochains mois, mais restera-t-il haut? La réponse à cette question dépend principalement de la longueur de la guerre en Ukraine et de la persistance des sanctions économiques contre la Russie. À ce sujet, toutes les opinions se valent et personne ne peut le prédire.

L’autre façon, celle que nous contrôlons, est davantage stratégique. On doit considérer les points suivants :

On voit bien qu’il n’y a pas de réponse unique à la question; tout dépend des particularités de votre situation.

La seule certitude, c’est que si votre renouvellement est prévu en 2022 ou 2023, il y a de fortes chances qu’il vaille la peine de renouveler tout de suite et ainsi de vous protéger d’un taux plus élevé au renouvellement.

Rien de mieux qu’une conversation avec votre conseiller!

Philippe Béland B.Sc. M.Sc. CHA

Courtier hypothécaire agréé – 4i Services financiers, fier partenaire de Consortium hypothécaire