Les micros-retraite séduisent la génération Z

Les micros-retraite séduisent la génération Z

Une pratique qui oblige à repenser la planification financière.



Oubliez l’image classique de la retraite à 65 ans, précédée de décennies de travail ininterrompu. Chez les jeunes générations, un nouveau modèle émerge : les micros-retraite. Plutôt que d’attendre la fin de leur vie professionnelle pour « profiter de la vie », certains choisissent d’insérer, tout au long de leur parcours, des pauses prolongées — de quelques mois à un an — pour voyager, briser la routine ou simplement souffler.

Selon Annie Boilard, présidente du Réseau Annie RH, interviewée à QUB radio, diffusé au 99,5 FM Montréal, « c’est l’idée de prendre une pause pendant sa carrière pour profiter de la vie comme on le ferait à la retraite ». Un changement de paradigme qui s’inscrit dans un contexte où les repères traditionnels, comme le fameux slogan « Liberté 55 », paraissent aujourd’hui irréalistes en raison de l’inflation, de l’endettement et de l’allongement de l’espérance de vie.

Un changement de mentalité

Ces interruptions volontaires de carrière, qui s’échappent du cadre imposé du congé sabbatique, ne sont plus forcément perçues comme un frein à la progression professionnelle. « Les jeunes générations ont compris quelque chose que les plus anciennes ne comprenaient pas », souligne Sylvain De Champlain, président de Champlain Groupe Financier. Pour lui, tout est une question d’équilibre et de stimulation. « Le défi des employeurs, c’est de faire en sorte que les jeunes travailleurs aient des défis qui les stimulent », explique-t-il.

Annie Boilard confirme que les recruteurs tolèrent davantage ces parenthèses, à condition que les compétences et la motivation restent au rendez-vous. Mais elle prévient : prendre une micro-retraite implique aussi potentiellement moins d’expérience accumulée et des défis financiers.

Cela nécessite, en effet, une approche repensée de la planification financière à long terme puisque ces pauses professionnelles génèrent des périodes sans revenus tout en occasionnant des dépenses supplémentaires, créant des trous dans l’accumulation de capital.

Les données de Statistique Canada révèlent par ailleurs que l’âge moyen de départ à la retraite s’établit actuellement à 62 ans au Québec, contre 64 ans en Ontario, rapportait Annie Boilard. Paradoxalement, l’Institut québécois de planification financière estime qu’une personne quittant le marché du travail à 65 ans doit prévoir une espérance de vie atteignant 92 ans, voire 100 ans dans certains cas, a rappelé Sylvain De Champlain.

Un défi pour les employeurs

Cette nouvelle réalité force les employeurs à repenser leurs politiques de ressources humaines. Comme le note Annie Boilard, les entreprises ne pénalisent plus systématiquement les candidats ayant des interruptions de carrière dans leur CV, reconnaissant que ces pauses font désormais partie intégrante des parcours professionnels modernes.

Pour Sylvain De Champlain, l’enjeu réside dans l’équilibre. « Le défi des employeurs c’est de faire en sorte que les jeunes travailleurs ont le goût d’aller de l’avant, ont des défis, il y a de quoi qui les stimulent », avance-t-il.

Une génération en quête d’équilibre

L’émergence des micros-retraite reflète une transformation profonde du rapport au travail. La génération Z privilégie l’équilibre travail-vie personnelle plutôt que la philosophie du « travailler dur maintenant, en profiter plus tard ». Cette approche crée parfois des tensions intergénérationnelles, les travailleurs plus âgés percevant cette flexibilité comme excessive.

Les sondages indiquent d’ailleurs que la génération Z affiche généralement une satisfaction au travail inférieure à celle de ses aînés, un phénomène que les experts attribuent à un décalage entre leurs attentes et la réalité du marché de l’emploi.

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