Comment choisir et adopter la bonne stratégie de décaissement à la retraite

Comment choisir et adopter la bonne stratégie de décaissement à la retraite

Lorsque le moment de la retraite arrive, une stratégie de décaissement personnalisée peut faire toute la différence pour tirer le meilleur parti de votre épargne. 

Et, comme chaque retraite est unique, il est important de comprendre les détails et les critères essentiels afin de pouvoir élaborer une stratégie de décaissement adaptée à vos besoins.

Pour vous aider à comprendre ces enjeux, Martin Gervais, planificateur financier chez De Champlain Groupe financier, vous partage quelques-uns de ses meilleurs conseils. 

Tout est une question de cas par cas

Plusieurs facteurs sont à considérer quand on veut prendre sa retraite. Il faut, entre autres choses, se demander comment vous pourrez retirer les sommes voulues de vos différents comptes d’investissement tout en minimisant les impacts fiscaux, que ce soit durant votre retraite ou après votre départ.

Il n’y a malheureusement pas de réponse préfaite ni parfaite et vous devrez immanquablement discuter du « comment », « combien » et « quand » avec votre conseiller financier. C’est le point de départ de toute stratégie de décaissement. 

Comprendre et tirer le meilleur parti des crédits d’impôt

Il faut savoir que les crédits d’impôt varient en fonction des paliers de revenu. Plusieurs stratégies de décaissement s’offriront donc à vous selon le montant que vous gagnez. 

Si certains crédits d’impôt deviennent accessibles quand on franchit un certain niveau de revenu annuel, d’autres « disparaissent ». 

Dans votre stratégie de décaissement, il vous faudra notamment considérer la récupération de la pension de Sécurité de la vieillesse (PSV). Le taux de l’impôt de récupération est de 15 % et ne s’applique que si votre revenu dépasse le seuil prévu pour l’année en question. En 2022, ce seuil de revenu se situe à 79 845 $.

Ceci signifie que, une fois ce niveau dépassé, le contribuable — vous — doit ajouter un impôt supplémentaire de 15 %, ce qui induira une perte de 0,15 $ pour chaque dollar excédant ce montant.

Vous devez donc d’abord et avant tout connaitre votre revenu disponible à la retraite et évaluer le montant net provenant de vos placements qui devra s’y ajouter en fonction du coût de la vie et du train de vie que vous souhaitez profiter une fois la retraite atteinte. 

La question de l’héritage

Peut-être voudrez-vous laisser un héritage à vos proches à la fin de votre vie. Si c’est le cas, votre objectif est de payer l’impôt pendant la retraite dans un palier d’imposition inférieur. Cela permettra à vos héritiers d’obtenir des sommes libres d’impôt qui soient les plus élevées possible. C’est pourquoi nous conservons typiquement les comptes d’épargne libres d’impôt (CELI) pour la fin de la retraite.

La désimmobilisation : une bonne stratégie pour vous?

Si vous détenez un compte de retraite immobilisé (CRI), la désimmobilisation pourrait être une stratégie toute désignée pour vous. La désimmobilisation est un processus par lequel les sommes immobilisées dans un CRI sont transférées en partie vers un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) ou un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), sans affecter vos droits de cotisation au REER.

Il est souvent important de décaisser de ces régimes rapidement à la retraite afin d’éviter d’avoir des sommes immobilisées le moment venu. Ces régimes doivent tout d’abord être convertis en fonds de revenu viager (FRV) pour pouvoir retirer des montants.

La désimmobilisation avant la retraite est une bonne stratégie pour vous donner plus de flexibilité lors de vos retraits futurs.

À retenir si votre revenu dépasse 79  845 $/an une fois à la retraite

Si votre revenu net est supérieur à ce montant, votre taux effectif marginal d’imposition sera plus grand et vous devrez rembourser une partie ou la totalité de la pension de la PSV que vous avez reçue. Une partie ou la totalité de votre pension mensuelle de la PSV sera donc réduite pour tenir compte de l’impôt de récupération.

Retraite, faible revenu et Supplément de revenu garanti

Le Supplément de revenu garanti (SRG) est un paiement mensuel que vous pouvez recevoir en complément du montant de la Sécurité de la vieillesse. Comme c’est le cas pour le montant de la PSV, le SRG vous garantit un revenu supplémentaire chaque mois.

Pour y avoir droit, le total de votre revenu annuel doit être inférieur à un certain montant. Ce montant est déterminé par le gouvernement canadien chaque année.

Selon la liste des montants du SRG de 2022, les retraités célibataires, divorcés ou veufs peuvent recevoir jusqu’à 959,26 $ par mois si leur revenu annuel est inférieur à 19 464 $.

Si vous avez un époux ou un conjoint de fait, le montant de la mensualité et du revenu variera en fonction de certains facteurs, comme le fait qu’il reçoive ou non la prestation de l’allocation du Supplément de revenu garanti.

Il est possible, à la suite d’un retrait dans un REER, un FERR ou un FRV, de perdre partiellement ou la totalité de votre Supplément de revenu garanti.

L’astuce pour conserver votre revenu imposable sous les 2 paliers d’imposition « importants »

Les 2 paliers d’imposition « importants » sont ceux qui concernent les revenus annuels imposables de 45 000 $/an et de 90 000 $/an. Une fois que ces niveaux de revenu sont dépassés, le taux d’imposition augmente progressivement de près de 10 %.

Dans ces cas-ci, il est judicieux de privilégier un décaissement mixte (REER, FERR, CELI, comptes non enregistrés) afin de rester sous le palier supérieur autant que possible.

La règle du pouce est souvent de décaisser tous les montants non enregistrés au début de la retraite et de procéder ensuite avec les REER, FERR, FRV et de terminer avec les CELI.

De cette façon, on laisse l’argent à l’abri de l’impôt le plus longtemps possible tout en maximisant la succession pour les héritiers.

En route vers la retraite avec la bonne stratégie de décaissement

La planification de la retraite n’est pas fixe dans le temps. Elle se module en fonction de vos projets et de vos ambitions. En discutant régulièrement avec votre planificateur financier, vous pourrez établir et revoir votre stratégie de décaissement de manière à vous assurer qu’elle répond à la fois à vos besoins à court terme et à long terme.

Chez De Champlain, nous sommes toujours heureux d’en discuter avec vous. Contactez-nous sans hésiter.

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